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| Extrait de Dirty (Mania Press, 2018) |
LE RECTUM: Pour commencer peux-tu te présenter rapidement pour celles et ceux qui ne vous connaitraient pas ?
MAVADO CHARON: Mavado Charon, enchanté ! Artiste, auteur de BD et dessinateur, mais je précise que ce n'est pas mon métier (je suis infographiste). Je suis un mec cis et je vis à Nantes depuis quasiment toujours.
A partir de quand as-tu commencé à dessiner ? Puis à articuler tes dessins sous forme d'histoire ?
Comme tout le monde, je dessine depuis l'enfance mais, à la différence de beaucoup de gens, je n'ai pas arrêté cette pratique à l'adolescence, et j'ai continué à dessiner jusqu'à aujourd'hui !
Quelles sont tes influences artistiques primaires, celles qui t'ont décidées à te mettre à produire ?
Je me rappelle avoir été très troublé par la lecture des "11 000 verges" de Guillaume Apollinaire alors que je devais avoir une douzaine d'années (aujourd'hui encore c'est un livre pornographique très puissant pour moi, que je recommande à tout le monde !). j'ai également eu beaucoup d'émois devant un livre d'images qui reproduisait des sculptures d'hommes qui se branlaient, datant de l'époque de l'antiquité romaine (c'est un prof d'histoire de 6e qui me l'avait passé). Toujours dans ma préadolescence, j'ai enfin été très marqué par la lecture de la revue "L'écho des savanes" qui dans les années 80 faisait la part belle aux auteurs italiens de la revue BD punk "Frigidaire".
As-tu la référence de ce livre que t'as prêté ton prof d'histoire ? Ca m'intéresse énormément !
Ah non, hélas, trois fois hélas, impossible de me rappeler exactement le format ou la maison d'édition de ce bouquin ! J'aimerai énormément remettre la main dessus, mais je n'en ai qu'un vague (même si puissant) souvenir. Mais comme il s'agit d'œuvres antiques, sans doute que c'est assez bien répertorié et que ça doit pouvoir se retrouver. En tout cas si les internautes connaissent un livre d'images équivalent, je veux bien la référence !
Quand et comment as-tu découvert ton homosexualité ?
Il n'y a pas eu chez moi une "découverte" de l'homosexualité, tout s'est fait très lentement et très progressivement. Disons que j'ai commencé par avoir une hétérosexualité, et que petit à petit, mes fantasmes homo ont pris une place majoritaire dans ma libido. Pendant longtemps je suis sorti avec des filles, alors que ne regardais exclusivement que du porno homo. Aujourd'hui encore je suis en couple avec une femme, avec qui nous pratiquons le polyamour, mais à côté de cette "relation-socle" je ne m'oriente que vers des partenaires masculins.
Plus précisément à partir de quand as-tu commencé à dessiner des mecs à poil ?
Je pense que ça doit avoir une petit quinzaine d'année, quand j'ai commencé à travailler avec ce pseudonyme, "Mavado Charon". J'ai longtemps cherché une manière intéressante de dessiner du porno-gay, mais il n'y a que lorsque j'ai découvert cette technique de dessin improvisé au stylo-bille que j'ai vraiment commencé à m'y mettre !
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| Un des tous premiers dessins signé Mavado Charon. |
As-tu d'autres projets, voire des projets secrets ?
Mon principal projet aujourd'hui, c'est une série de grands dessins sur draps anciens, que je réalise pour une exposition importante qui va avoir lieu à Paris, en avril 2023, à la galerie Art's Factory. Ces dessins sont des illustrations du livre du poète mexicain Luis Felipe Fabre :" Rétable de la sodomie novo-hispanique". C'est un projet qui m'a été soufflé par l'éditeur espagnol "Frac de Medusas", qui a malheureusement aujourd'hui cessé son activité. J'ai également des "projets secrets", dans le sens où je n'en ai pas encore parlé, comme par exemple reproduire le rouleau original des "120 journée de Sodome" de Sade, sous forme d'une immense bande de papier dessiné... Peut-être pour 2024 ?
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| Extraits inédits du projet d'illustration du rouleau original des 120 journées de Sodome |
Avec Frac de Medusas, tu avais déjà fait Eros Armado en 2017, là encore basé sur un texte, Héros de Denis Jampen. Comment travailles-tu avec ces textes ? L'inspiration vient-elle au détour de tes lectures personnelles ou le chemin est-il plus banalisé ?
C'est très rare que j'illustre un texte, en général je me contente de m'inspirer de l'atmosphère d'un œuvre écrite (celles de Sade, de William Burroughs, de Tony Duvert etc). Mais avec "Frac de Medusas", j'ai travaillé par deux fois très précisément à partir d'un texte. Il faut dire qu'Octavio, l'éditeur, est d'une grande érudition, et qu'il m'a fait découvrir énormément d'auteurs et de livres géniaux ! Pour le "Héros" de Denis Jampen, c'est un livre que j'ai découvert seul, en écoutant une vignette de 3 minutes sur France Culture complètement par hasard ! La rencontre avec un livre marquant est parfois tellement inattendue…
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| Dessins sur draps effectués dans le cadre de la future exposition à la galerie Arts Favory (avril 2023) |
Ma première rencontre avec tes dessins a eu lieu en 2014 à la sortie de l'album de The Soft Pink Truth Why Do the Heathen Rage? dont tu as fait la pochette. En 2012 déjà tu avais fait la pochette de EP par Exclamation Point. Comment sont nées ces collaborations ?
A cette époque, j'étais impressionné de voir à quel point les projets s'enchaînaient, sans que je fasse la moindre démarche ! Dès que j'ai commencé à mettre en ligne mon travail signé "Mavado", j'ai eu l'impression d'un succès immédiat. Très vite j'ai été remarqué par les rédacteurs en chef de la mythique revue US "Butt Magazine" (d'abord Billy Miller, puis Adam Baran), puis j'ai eu des dessins publiés dans la revue "Monstre" menée par Tim Madesclaire et Philippe Joanny, et à partir de là j'ai reçu régulièrement des propositions de collaboration, en général par mail, sans que je ne rencontre forcément les gens avec qui je bosse.
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| Artwork pour Why Do the Heathen Rage? par The Soft Pink Truth (Thrill Jockey, 2014) |
Comment en es-tu venu à dessiner ce genre d'orgies post-apocalyptiques ? Y-a-t-il un lien avec tes fantasmes ? tes pratiques sexuelles réelles ? ou dissocies-tu complétement les deux ?
L'essentiel de mes dessins pornos correspond à des fantasmes, puisque je n'imagine pas dessiner "du cul" sans être excité par ce que je fais. Disons que c'est un peu la double-récompense : avoir le plaisir du créateur qui couche des traits sur le papier ET bander ! J'aime aussi pousser les limites, et dessiner des choses qui ne sont pas autorisées dans le porno, comme les scènes sexuelles avec des gens que l'on égorge, que l'on mutile, la baise avec des cadavres... Ma sexualité est un peu à la traîne de mes fantasmes (et c'est peut-être heureux). Mais elle évolue quand même vers des pratiques plus variées et plus intenses, même si pour le moment je suis encore très vanille !
La scène SM peut-être vue sous un angle très large: de l'esthétique pure à la brutalité et la dévotion aux limites parfois très floues. Es-tu proche, voire impliqué dans cette scène ?
Par pour l'instant, mais je commence à avoir des contacts, par l'intermédiaire du petit monde du polyamour. En ce moment je suis dans une grande excitation de découvrir de nouvelles personnes et de nouvelles pratiques, j'espère me faire bientôt des amis dans la scène BDSM !
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| Dessin inédit d'après photo |
Ce week-end avait lieu le festival Darklands à Anvers. Quel regard as-tu sur ce genre de manifestation ?
Comme je le disais, pendant longtemps j'ai travaillé avec des gens que je ne rencontrais pas. Je n'aime pas trop voyager, mais sans doute aussi que j'étais assez intimidé. Mais là encore, je bouge beaucoup dans ma vie en ce moment et j'espère bien mettre un pied très bientôt dans ce genre de manifestation, et y faire connaître mon travail ! Récemment j'ai été exposé à Berlin, dans une ancienne prison pour femme, et les photos que j'ai vu du vernissage m'ont fait regretter de ne pas avoir fait le déplacement !
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| Quelques photos de l'exposition Pride Art Primal Matter à Berlin (2022) |
Tu as travaillé avec un paquet d'acteurs différents du milieu culturel. Entre les publications, les expositions et les évènements sous tes différents alias tu as navigué entre l'underground, le grand public et l'institutionnel. Te sens-tu plus à l'aise dans certaines situations ?
J'ai longtemps été très à l'aise dans les milieux culturels, comme les rencontres littéraire, les festivals du livre... mais plus ça va, plus ça me gonfle. Aujourd'hui, je traîne surtout dans les milieux queer, et j'aime beaucoup les pédés-gouines que j'y croise. En fait, je crois que là où je me sens vraiment à l'aise aujourd'hui c'est sur le dance-floor d'une bonne boîte électro, comme celles que je fréquente à Nantes (le Macadam, le CO2...).
Comment ton travail est-il reçu par le public ? Reste-il cloisonné à un petit public averti ou la curiosité fonctionne-t-elle ?
Pour le moment, on peut dire que je suis dans une niche, mais que je m'y sens très bien. J'ai toujours été surpris de voir comment mon travail était perçu : malgré la violence de la plupart de mes scènes, l'humour sous-jacent est bien perçu, et j'adore voir les gens se marrer en regardant mes dessins dans des expositions ! Le travail que je réalise aujourd'hui pour Art's Factory est moins explicitement porno, et peut-être que cela ouvrira mon travail à d'autres amateurs.
La bite et la couteau (Cotoreich, 2015) était imprimé à l'aide d'un duplicateur à alcool, Slug Fest (Les Crocs Electriques, 2017) était imprimé sur papier jaune et dessins en couleur, Ballets Roses (La Belle Epoque, 2017) était imprimé en noir, blanc et rose, Tony Duvert on Grindr (Re:Surgo!, 2016) était imprimé avec de l'encre orange fluo, la couverture de Holy Hole (Les Crocs Electriques, 2019) était imprimée en bleu, rose et noir sur papier transparent. Dans quelle mesure l'expérimentation technique (supports, encres, rendus, techniques utilisées) t'intéresse-t-elle ?
Je trouve que mon travail est parfois un peu répétitif (en gros, je dessine des scènes d'orgies porno-gay au stylo-bille) et le changement de technique, de format, d'impression est pour moi essentiel pour redonner du sang neuf à mon travail ! ça me permet d'aborder chaque projet de livre avec un œil neuf, et d'insuffler de la diversité dans mon travail.
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| Essais de colorisation inédits pour Slug Fest (Les Crocs Electriques, 2017) |
J'ai un faible pour tes dessins utilisant de la couleur. Quelle place a la couleur (voire le processus d'impression en général) dans ta production ?
La couleur n'a jamais eu beaucoup de place dans mon travail. J'arrive à être à peu près satisfait de certains travaux, comme la série "Ballets Roses" réalisée avec des crayons aquarelles roses, mais souvent j'en suis très mécontent. Comme par exemple ce que j'ai fait pour "Slugfest", aux éditions Les Crocs Électriques : c'est vraiment du mauvais coloriage ! Malgré tout il y a une technique de colorisation que j'aime bien, mais qui est très longue à mettre en œuvre et que par conséquent je n'utilise pas beaucoup : je colorise avec des crayons gris sur des calques, et je superpose ensuite les calques sur ordinateur, en donnant des valeurs de couleurs aux différents gris. J'ai notamment réalisé un grand poster avec cette technique, qui devrait paraître en même temps que mon prochain livre "Thurd", mais comme je refuse de passer trop de temps derrière un ordinateur, c'est un procédé que je ne peux pas trop développer.
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| Extraits inédits de Thurd (à paraitre) |
Ah oui, et moi en retour je peux dire que ses vidéos me fascinent totalement. Déjà le fist je trouve que c'est une pratique magnifique, qui transcende tellement le sexe et repousse les limites du corps, mais les recherches graphiques d'Axel Abysse (le fluo, les fluides qui dégoulinent, la variété et la taille de ses godes...) me touchent encore plus. Un très grand artiste du cul !
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| Extrait inédit La bite et la couteau (Cotoreich, 2015) |
En 2018, ton livre Dirty (Mania Press), a obtenu le prix de Sade du livre d'art. Comment le livre est-il arrivé dans les mains du jury, comment as-tu reçu la nouvelle et que t'a apporté ce prix ?
En grand amateur de livres érotiques et déviants, c'est un prix que je connaissais depuis longtemps. Et comme la sortie de "Dirty", aux éditions Mania Press, était un événement majeur pour moi, j'ai tout de suite eu envie de le soumettre au jury. J'ai eu l'immense chance d'être pré-selectionné pour postuler, et la chance encore plus inouïe d'avoir le "Prix Sade du livre d'art 2018" ! Je sais que ça ne s'est pas fait sans mal, et que le livre a dû être défendu becs et ongles par certains membres du Jury, comme l'éditrice Laurence Viallet, dont le travail est immense (c'est à elle que l'on doit notamment la publication en France du livre "Hogg", monument littéraire porno-crade de Samuel Delany). Après, les prix n'apportent que la valeur que l'on veut bien y mettre, mais je pense que c'est la plus haute distinction à laquelle mon travail ne pourra jamais prétendre ! Et je suis heureux que cela récompense également les excellentes éditions Mania, et son directeur Sylvain Gérand, qui est certainement le premier à m'avoir "déniché" dans ma jeunesse.
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| Remise du prix Sade pour Dirty (Mania Press, 2018) |
Penses-tu un jour faire parler tes personnages au sein de tes histoires ?
Techniquement, c'est tout à fait possible, puisque j'ai déjà signé des bande-dessinées parlantes sous un autre nom (notamment "Bite Fighter" et "Héroïque Fantaisie" aux Editions Les Requins Marteaux qui ont une thématique porno-gay assez proche de mon travail en tant que "Mavado Charon"). Mais je sais que j'ai vite tendance à être assez bavard quand je fais parler des personnages en bande dessinée, et on s'éloigne très vite vers quelque chose d'autre. En ce moment je suis surtout préoccupé par des question de composition et de représentation avec mon dessin, et je veux rester dans l'image pure, sans texte et presque sans narration.
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| Carte inédite pour United Dead Artists |
Tu vends actuellement des originaux de tes dessins publiés dans le fanzine PUS. Peux-tu nous présenter ce zine et la collaboration qui est née entre vous ?
Sur le fanzine PUS, je n'ai pas énormément de choses à dire, c'est un collectif d'images pornos/crados comme je les aime. Comme avec mes autres collaborations je n'ai pas rencontré son éditeur, et je ne connais que très peu son projet, mais c'est un graphiste que je trouve très doué. J'aime beaucoup la façon qu'il a d'habiller les dessins dans ses maquettes, et c'est complètement unique, je n'ai jamais vu de zines aussi abouti à ce niveau-là.
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| Mavado Charon pour PUS.ZINE IV |
Depuis tes premiers dessins charoniens, quel regard portes-tu sur tes productions passées ? As-tu des regrets ? des envies pour les années à venir ?
Des regrets non, sauf peut-être de n'avoir pas assez rencontré les gens avec qui j'ai travaillé (mais je ne prends pas l'avion, ça n'aide pas pour rencontrer les américains ou les japonais non plus !) Des envies pour les années qui viennent, j'en ai énormément par contre ! Ce n'est que le début…
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| Illustration d'André Masson pour l'Histoire de l'Œil (Georges Bataille, 1928) |
As-tu connaissance du travail lithographique d'André Masson pour illustrer l'Histoire de l'Œil de Georges Bataille en 1928 ? Quel lien entretiens-tu avec les artistes t'ayant précédés sur ces sujets (intérêt, collection, recherche) ? Sur ceux qui te succèdent ou te succéderont ?
Alors je ne connais pas cette illustration en particulier, mais elle m'intéresse beaucoup (ça me fait penser aux vieilles gravures qui illustraient les livres de Sade dans les éditions du 18e/19e siècle). De manière générale j'ai toujours été extrêmement intéressé par l'art érotique, notamment sous sa forme dessinée. J'ai pas mal de livres couvrant l'art érotique de plusieurs époques, de la Chine antique au Japon médiéval en passant par Hans Bellmer, Pascin, etc. jusqu'aux auteurs contemporains, comme Toshio Saeki, le peintre Bastille, Tom of Finland, Martin of Holland et Tom de Pékin. J'essaie de rester curieux de tout, et je trouve beau quand une œuvre peinte ou dessinée arrive à m'exciter comme le ferait un texte ou un film porno.
Après les disques, c'est la couverture d'un livre que tu fais: Aktivistovi zapisi par Brane Mozetic. Peux-tu nous présenter son auteur et cet ouvrage ? Comment êtes-vous rentrés en contact ? Une traduction française ou anglaise est-elle prévue ?
Il m'a contacté directement sur Facebook pour utiliser un de mes dessins sur lequel il avait flashé pour faire la couverture de son livre.
Je sais que c'est un auteur très réputé de la littérature slovène actuelle, et apparemment ses ouvrages traitent avec crudité et lyrisme d'homosexualité et de violence, et de la solitude dans notre monde contemporain. Hélas, je n'ai rien trouvé de lui traduit en français, et je n'ai pas pu lire le livre qu'il m'a envoyé.
Parlons politique. Es-tu personnellement engagé (pas nécessairement dans un parti, cela ne peut-être que sur quelques sujets précis) ? Considères-tu la production de Mavado Charon comme étant engagée politiquement ?
Je crois que je ne suis pas assez politisé. J'aimerai être plus dans la lutte et m'engager, mais je crois que je suis beaucoup replié sur mes fantasmes et mon travail, malgré ma volonté de m'ouvrir aux autres. Je pense cela dit que tout travail artistique valable est politique, et j'espère que ce que je raconte dans mes dessins aura une certaine portée... mais je n'en suis pas sûr.
Quelles sont tes dernières baffes artistiques (tous supports confondus) ?
J'ai beaucoup aimé l'essai " Enculé !" aux éditions Les Grillages. Il n'y a pas très longtemps j'ai également mis la main sur un livre présentant l'intégrale de Pierre Molinier, et j'adore comment il a mélangé son œuvre, sa vie et sa libido.
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| Enculé ! Politiques anales par Javier Saez et Sejo Carrascosa (Les Grillages, 2021) |
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| Autofellation avec Joug (projet de carte de visite) par Pierre Molinier |
Merci beaucoup.





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